Cancer de l’endomètre : pourquoi la classification moléculaire change la donne

Le cancer de l’endomètre est le cancer gynécologique le plus fréquent en France. Sa prise en charge a longtemps reposé sur la seule classification histologique. Depuis les travaux du TCGA (The Cancer Genome Atlas), une nouvelle approche s’est imposée : la classification moléculaire, désormais recommandée pour toutes les patientes, quel que soit le type histologique de leur tumeur.
IMAGENOME, pôle de spécialité en génomique et biologie moléculaire d’Inovie, fait le point sur cette classification et sur les analyses moléculaires qui permettent de la déterminer.
Une recommandation européenne devenue incontournable
En 2020, la Société européenne d’oncologie gynécologique (ESGO), la Société européenne de radiothérapie et d’oncologie (ESTRO) et la Société européenne de pathologie (ESP) ont publié leurs recommandations conjointes pour la prise en charge du carcinome de l’endomètre, à la suite des travaux du TCGA.
Ces recommandations sont claires : les quatre catégories moléculaires du cancer de l’endomètre doivent être recherchées systématiquement, indépendamment de la classification histologique de la tumeur (Santoro et al., Cancers, 2021).
Quatre catégories moléculaires, quatre profils cliniques distincts
La classification moléculaire distingue quatre groupes de cancers de l’endomètre, chacun associé à des caractéristiques cliniques, pathologiques et pronostiques propres :
- les tumeurs POLE ultra-mutées, associées au meilleur pronostic ;
- les tumeurs dMMR / MSI (déficience du système de réparation des mésappariements de l’ADN) ;
- les tumeurs avec anomalie de TP53, de pronostic plus défavorable ;
- les tumeurs NSMP (« No Specific Molecular Profile »), sans profil moléculaire spécifique.
Que faire en cas d’anomalies moléculaires multiples ?
Il n’est pas rare qu’une même tumeur présente plusieurs anomalies simultanément. Un algorithme hiérarchique permet alors de trancher :
- TP53 + POLE → la tumeur est classée POLE
- POLE + MSI → la tumeur est classée POLE
- TP53 + MSI → la tumeur est classée dMMR / MSI
Le statut POLE prime donc sur les deux autres altérations, et le statut MSI prime sur l’anomalie de TP53.
Classification histologique et classification moléculaire : deux grilles de lecture qui ne se superposent pas
Un point essentiel souligné par les experts : la classification histologique classique (type endométrioïde, séreux, à cellules claires…) et la classification moléculaire ne se recoupent pas. Une tumeur de type histologique donné peut appartenir à n’importe laquelle des quatre catégories moléculaires, avec des implications pronostiques et thérapeutiques très différentes d’une catégorie à l’autre.
C’est précisément pour cette raison que l’analyse moléculaire ne peut pas être déduite de l’histologie seule : elle doit être réalisée en complément, pour chaque patiente.
Le panel NGS endomètre : 9 gènes à analyser systématiquement
Pour établir cette classification moléculaire, la prescription d’un panel NGS endomètre de 9 gènes est aujourd’hui obligatoire, quel que soit le type histologique de la tumeur :
POLE, POLD1, MLH1, MSH2, MSH6, PMS2, EPCAM, TP53, PTEN
Cette analyse permet d’identifier le statut POLE, le statut MMR/MSI et le statut TP53, et donc de positionner précisément la tumeur dans l’une des quatre catégories moléculaires.
À retenir
- La classification moléculaire du cancer de l’endomètre repose sur 4 catégories : POLE, dMMR/MSI, TP53 anormal, NSMP.
- Un algorithme hiérarchique (POLE > MSI > TP53) permet de classer les tumeurs présentant plusieurs anomalies.
- Classification histologique et classification moléculaire ne se superposent pas : l’une ne remplace pas l’autre.
- Un panel NGS de 9 gènes doit être prescrit systématiquement pour toute patiente, quel que soit le type histologique.
Retrouvez l'essentiel sur une seule fiche
Pour faciliter la prescription et la lecture des résultats au quotidien, IMAGENOME met à votre disposition une fiche de biologie moléculaire dédiée à la classification de l’endomètre, reprenant l’algorithme de classification, les recommandations ESGO/ESTRO/ESP et la liste des gènes du panel NGS.
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